Description
Pour sûr est, entre autres choses, une somme encyclopédique, un labyrinthe, une exploration de la folie des nombres, un précis de typographie, un reliquaire, une défense et illustration de la langue chiac, une réflexion sur les cultures minoritaires et leur obsession linguistique, un jeu de pistes, le roman d'un coin de pays. C'est une entreprise aux dimensions surhumaines que France Daigle mène à son terme avec une éblouissante virtuosité. C'est aussi l'histoire de personnages attachants, Terry et Carmen, que l'on a connus dans les précédents romans de l'auteur, leurs enfants Étienne et Marianne, et toute cette humanité qui gravite autour du bar Le Babar, à Moncton – les Zablonski, Zed, Pomme –, artistes, gens ordinaires, qui, tout en vaquant à leurs activités quotidiennes, s'interrogent sans cesse sur leur place dans le monde, d'un point de vue géographique, historique, politique ou culturel. Devant la savante architecture du roman, suite de fragments agencés selon une implacable structure mathématique, on ne peut s'empêcher de penser à l'Oulipo et à La Vie mode d'emploi. Mais la rigueur de la forme offre ici un contraste saisissant avec le caractère insaisissable et imprévisible du chiac, avec l'infini pouvoir d'émotion rattaché aux mots de l'enfance, aux mots des ancêtres.
Par Christine Arseneault-Boucher
Pour sûr, c’est dix ans de travail pour 1728 fragments, douze à la puissance trois. Une somme encyclopédique aux dimensions surhumaines qui mènerait à la sérénité. Au départ, l’ouvrage semble labyrinthique, chaotique. Mais, rapidement, nous nous attachons aux personnages et ne nous perdons jamais, en fin de compte, dans les digressions de l’auteure. L’histoire met en scène une librairie, un bar, et toute une humanité qui tourne autour: des gens ordinaires, petits et grands, qui s’interrogent sur leur place dans le monde. Pour sûr est aussi un hommage au chiac (l’action se déroule à Dieppe, au Nouveau-Brunswick), une réflexion typographique (apartés au sujet du Scrabble®, par exemple), une défense de la langue. Une oeuvre remarquable aux tendances oulipiennes, une expérience de lecture inoubliable.
Un chef-d'oeuvre
Il ne faut pas avoir peur de ce livre malgré ses 730 pages, ses passages en chiac, ses 1728 fragments. Ce roman est un pur bonheur de lecture.